Revoter, une nécessité démocratique

retrouver la publication d’origine par Mathieu Paranthoën

Depuis que le Tribunal administratif a prononcé l’annulation de l’élection municipale de Poissy en raison des fraudes commises pendant la campagne électorale, certaines personnes nous reprochent vivement cette décision sur les réseaux sociaux.

Le motif avancé est le coût de l’organisation de cette élection, comparé à l’hypothèse que nous n’obtiendrions pas la majorité au conseil municipal en cas de nouvelle élection.

Ceci n’est pas sérieux.

S’agissant du coût de l’organisation de l’élection en lui-même, il serait sûrement plus judicieux d’adresser ce reproche au candidat qui a commis, d’après le Tribunal administratif, des manœuvres frauduleuses durant la campagne.

Supposons que cette nouvelle élection ne nous permette d’obtenir que quelques sièges au conseil municipal. Cela signifierait malgré tout que le conseil municipal de Poissy disposerait d’une véritable opposition politique. Une opposition capable de porter des propositions, d’exercer un contrôle démocratique de l’action municipale et d’alimenter le débat public sur les enjeux de justice sociale, de bifurcation écologique et de transparence de la vie locale.

La démocratie ne consiste pas seulement à élire une majorité. Elle suppose aussi des contre-pouvoirs, du pluralisme et la possibilité de contester les décisions prises lorsqu’elles ne vont pas dans le sens de l’intérêt général.

La distinction entre opposition politique et opposition de personnes n’est pas théorique. L’épisode récent lié à Madame DE BACKER, élue sous l’étiquette KO2026, qui vient de rejoindre la majorité municipale, est une illustration flagrante de l’absence d’opposition politique au conseil municipal. Elle le dit elle-même :

« Rejoindre Sandrine Berno Dos Santos, c’est rejoindre la même famille politique que Karl Olive. Mais une famille simplement divorcée. Les idées de la maire sont les mêmes au final. […] J’ai compris, comme d’autres colistiers je pense, qu’on n’était que dans une confrontation permanente de personnes. »

Au fond, l’enjeu de cette nouvelle élection ne se résume pas à la répartition de quelques sièges. Il s’agit de permettre aux Pisciacais·es de disposer d’un conseil municipal pleinement légitime, pluraliste et représentatif, où les débats portent sur les idées et les projets plutôt que sur les rivalités personnelles.

La question n’est pas seulement de savoir qui gouverne, mais aussi qui contrôle, qui débat et qui porte une alternative.

Ainsi, lorsqu’une élection est annulée par la justice en raison de manœuvres frauduleuses, retourner devant les électeurs et électrices n’est pas un problème démocratique. C’est au contraire la solution démocratique.