À l’initiative de Mieux Vivre Poissy, nous étions 140 personnes place de la République à Poissy ce lundi 26 octobre, contre le racisme.

retrouvez l’intervention de Mathieu Paranthoën
Si nous sommes rassemblé·es ce soir à Poissy, c’est parce que la haine a encore frappé.
Nous pensons d’abord à Pengo Bossio Wangi, 26 ans, assassiné lors de l’attentat raciste et islamophobe de Trappes et de La Verrière. Pengo était originaire de Poissy. Nous pensons aussi à toutes les personnes blessées, en particulier à cette enfant de 12 ans heurtée par 8 balles.
Nos pensées vont à leurs familles, à leurs proches, à toutes celles et ceux dont la vie a été bouleversée.
Nous savons que ce drame aurait pu être encore plus terrible. Les premiers éléments de l’enquête montrent que l’auteur était lourdement armé et semblait préparé à commettre un massacre de plus grande ampleur.
Face à cela, nous avons un devoir : celui de nommer les choses.
Quand des personnes sont visées en raison de leur couleur de peau, de leur origine ou de leur religion, réelle ou supposée, il s’agit de racisme.
Et le racisme n’est pas une opinion.
Le racisme est un délit.
Mais avant d’être un délit, il est souvent un climat.
Il naît dans les préjugés.
Il grandit dans les discours qui opposent les gens les un·es aux autres.
Il prospère dans les amalgames, les stigmatisations et les humiliations du quotidien.
Les études consacrées aux mécanismes du racisme constatent toujours le même enchaînement.
D’abord, on catégorise.
Ensuite, on exclut.
Enfin, on déshumanise.
On ne voit plus une personne, un visage, une histoire. On ne voit plus qu’une origine, une religion réelle ou supposée, une couleur de peau.
Et lorsque certaines personnes ne sont plus regardées comme des êtres humains à part entière, alors la violence devient possible.
C’est cet engrenage que nous devons reconnaître pour mieux le combattre.
Parce qu’aucun engrenage n’est inexorable.
À chaque étape, nous pouvons agir.
Nous pouvons répondre aux préjugés par la connaissance.
Aux discriminations par la solidarité.
À la haine par l’amour, la raison et le courage.
L’attentat de Trappes n’est malheureusement pas le premier attentat raciste commis en France. D’autres Françaises et Français ont déjà été assassinés parce qu’ils étaient arabes, juifs, musulmans, noirs, ou simplement perçus comme différents.
Le rappeler, ce n’est pas opposer les victimes.
C’est comprendre que toutes les haines se nourrissent des mêmes mécanismes.
C’est comprendre que chaque fois qu’une personne est attaquée pour son identité réelle ou supposée, c’est notre humanité commune qui est atteinte.
Alors ce soir, nous voulons dire quelque chose de simple.
Nous refusons le racisme.
Nous refusons la négrophobie et l’islamophobie.
Comme nous refusons l’antisémitisme et toutes les formes de haine qui prétendent qu’une vie vaudrait moins qu’une autre.
Et nous affirmons que chaque être humain a droit à la même dignité, au même respect et à la même protection.
Pour Pengo Bossio Wangi.
Pour toutes les victimes du racisme d’hier et d’aujourd’hui.
Et pour que plus jamais la haine ne trouve sa place parmi nous.
Merci.
Et arrêtons de regarder CNEWS,
Et rendez-vous ce vendredi à 18h à Trappes pour un grand rassemblement contre le racisme à l’invitation de Monsieur le Maire de Trappes Ali Rabeh.

