Nous apprenons avec colère et consternation l’incendie volontaire du Centre social André Malraux.
Tout le soutien de Mieux Vivre Poissy aux habitant•es et usager•es et merci aux services publics (pompiers, police, agent•es de la ville) pour leur intervention rapide et efficace, qui a permis d’éviter des dégradations plus importantes.
Les services publics sont essentiels pour la population et en particulier les classes moyennes et populaires. Cet acte criminel n’en est que plus insupportable.
Réaction de Sarah Chouabbia
Je suis scandalisée.
J’ai appris que le centre social André Malraux avait brûlé cette nuit.
Ce lieu n’est pas un équipement comme un autre.
C’est un repère fondamental pour les habitants, dans un quartier où les fragilités sociales sont bien réelles et où les publics les plus vulnérables sont aussi les plus exposés.
C’est une structure identifiée pour nous, parents du quartier, un lieu où nos enfants se rendent, que ce soit avec l’école, au centre de loisirs ou en dehors.
C’est un espace d’accompagnement, un lieu de vie, un point d’appui essentiel pour de nombreuses familles.
Un centre social est une structure à vocation sociale globale.
Quand il est touché, ce n’est jamais anodin.
C’est un signal fort.
J’ai grandi dans un quartier qui, à une époque, aurait lui aussi pu basculer. Mais des décisions ont été prises au bon moment : des structures ont été créées, les jeunes ont été accompagnés, le quartier a été suivi dans la durée. Aujourd’hui, il se porte très bien. Et ce n’est pas un hasard.
Un quartier ne se redresse pas avec des discours. Il se redresse quand on agit à temps, quand on investit, quand on accompagne réellement les habitants.
À l’inverse, quand un quartier est laissé trop longtemps dans des logiques de court terme, d’arrangements ou de gestion approximative, ce sont toujours les habitants qui en paient le prix.
Poissy a les moyens. Donc certaines situations deviennent inacceptables.
Il n’y a pas de fumée sans feu.
Et réduire cela à une simple question d’insécurité serait une erreur.
Les habitants ne sont pas le problème. Ils en sont les premiers concernés, et souvent les premières victimes.
Mais il faut aussi avoir l’honnêteté de regarder une autre réalité en face : il existe parfois un noyau, très minoritaire, qui participe — volontairement ou non — à entretenir des logiques d’intérêts individuels, au détriment de l’intérêt général.
On l’a vu pendant la campagne : tensions, divisions, postures, chacun défendant ce qu’il avait à gagner ou à perdre.
Cela pose une vraie question de citoyenneté et de compréhension du service public.
Surfer sur la précarité a toujours été un terrain favorable à des dérives.
Mais ce n’est pas à tout un quartier de subir les conséquences pour quelques-uns.
Aujourd’hui, je suis arrivée à un stade où ces situations me dépassent.
Alors je laisse un artiste, qui porte depuis des années la voix des quartiers populaires, dire ce que beaucoup ressentent.
Kery James : Constat Amer / Racailles
Comprendront ceux qui comprendront.
