La canicule que nous venons de vivre a été particulièrement longue et éprouvante. Elle a aussi agi comme un révélateur des renoncements des majorités en place depuis 2014. Au lendemain d’un tel épisode,
on aurait pu s’attendre à ce que des solutions soient débattues lors du conseil municipal de ce lundi 29 juin.
Il n’en a rien été.
Nous saluons bien sûr la mobilisation des agent·es, des bénévoles de la réserve communale et des élu·es pour faire face à l’urgence. Cependant, ce type de phénomène météo, inédit mais prévisible, doit aussi, et surtout, s’anticiper.
Avec le réchauffement climatique, les vagues de chaleur seront plus fréquentes, plus longues, plus intenses et plus précoces : les climatologues le répètent depuis des années, des décennies. Nos élu·es des précédentes mandatures n’ont eu de cesse d’appeler de leurs vœux des mesures d’adaptation ambitieuses. Hélas, ce sont resté des vœux.
En février, la communication de l’équipe en place en pleine campagne municipale voulait laisser croire que Poissy était prêt pour le « confort d’été » : stores aux fenêtres des écoles (il était temps), ombrière sur la place des Capucins, jardin sec rue Victor Hugo. Des mesures ponctuelles à l’effet très limité. Le bilan de la municipalité consiste avant tout en un exercice de communication.
Dans le même temps, des centaines d’arbres ont été abattus à Poissy dernièrement, coupes que ne parvient pas à compenser l’opération pompeusement intitulée « 1000 arbres ». Or, les arbres sont nos premiers climatiseurs : ils apportent de l’ombre, certes, mais ils rafraîchissent aussi l’air par un phénomène naturel de transpiration.
Le plan 1000 arbres est de toutes façons un échec : 100 arbres distribués en 6 ans, il n’y a pas de quoi se vanter.
La végétalisation des cours d’écoles, à peine engagée, est trop peu ambitieuse. Végétaliser, ce n’est pas juste enlever un peu de bitume.
Dans les écoles, le constat est amer : même dans les plus récentes (Lucie Aubrac, Nelson Mandela), les températures des classes ont dépassé 30°C. Pourquoi les dernières constructions n’ont-elles pas été mieux pensées pour notre climat actuel ? Alors que le bâtiment de la mairie est très bien climatisé, les bâtiments municipaux que sont les écoles sont des fournaises.
Quelle considération pour nos enfants, leurs enseignant·es, ATSEM, animateur·ices !
Comment se concentrer et travailler ou apprendre correctement lorsqu’il fait 30°C ou plus ? Alors que la mairie reste bien fraîche pendant la canicule, comment expliquer l’abandon des écoles, qui sont aussi des bâtiments municipaux ?
Sans attendre le plan d’adaptation de la ville annoncé par Madame la Maire (que nous espérons à la hauteur de la situation), nous demandons à ce que des mesures soient prises pour permettre une rentrée sereine, les vagues de chaleur pouvant se poursuivre en septembre. D’autres communes ont déjà agi en mettant en place des solutions low-tech, telles que :
- l’installation de voiles d’ombrage afin d’éviter à une partie du rayonnement solaire d’atteindre les façades et de chauffer les murs,
- l’installation de brasseurs d’air aux plafonds des classes,
- le recours à une solution de gardiennage ponctuelle pour pouvoir aérer les écoles la nuit pendant les vagues de chaleur.
Si de nouveaux bâtiments devaient être construits, ou en cas de rénovation, nous demandons l’adoption d’une architecture bioclimatique, à même de conserver la fraîcheur en limitant les besoins en climatisation.
Voici la teneur de l’intervention que nous aurions aimé pouvoir tenir lundi en conseil municipal, si nous en avions eu la possibilité.
Le groupe Génération Poissy, lui, n’a pas consacré une seule de ses questions orales à la canicule et à ses effets. Il leur a semblé plus important de faire croire qu’ils ont été tenus à l’écart de la journée des aîné·es… Une étrange conception de l’intérêt général !
